29.07.2010
Article du Point sur la musique natio

D'autres services de la police criminelle tentent ensuite d'identifier et de localiser les responsables de la distribution. Le plus souvent, les groupes, même allemands, opèrent hors des frontières, de Scandinavie ou d'Europe de l'Est. En 2009, 50 supports audio ont été transmis au parquet.
Hip-hop, techno, pop, la musique d'extrême droite a quitté son berceau du rock metal pour recruter plus largement, un phénomène contre lequel lutte depuis 9 ans Bjorn K., de la police criminelle du Brandebourg, près de Berlin.
La police du Brandebourg est l'une des rares directions régionales à détacher une personne à plein temps pour surveiller la production et la diffusion de ces musiques.
Bjorn K., la petite trentaine, a les yeux bleus et le cheveu ras qui lui permettent de passer inaperçu dans le "milieu". Dans le civil, il a des goûts musicaux tout ce qu'il y a de plus classiques: les tubes allemands et internationaux du moment.
Mais dans son bureau au quartier général de la police régionale à Eberswalde, à une quarantaine de kilomètres de Berlin, c'est une autre chanson. Il écoute des disques aux pochettes sombres et torturées, dispensant le plus souvent de la musique bruyante, parfois à la limite de l'audible, appelant à la haine.
Au moindre soupçon de violation des lois réprimant l'incitation à la haine raciale, l'apologie du nazisme, voire celles protégeant la jeunesse, dans les textes mais aussi sur les pochettes ou dans les livrets, le disque est transmis au parquet qui peut ouvrir une enquête préliminaire.
D'autres services de la police criminelle tentent ensuite d'identifier et de localiser les responsables de la distribution. Le plus souvent, les groupes, même allemands, opèrent hors des frontières, de Scandinavie ou d'Europe de l'Est. En 2009, 50 supports audio ont été transmis au parquet.
"C'est dans le Brandebourg que nous avons recensé le plus grand nombre de groupes de musique néonazie, et les plus actifs en 2009", confie Bjorn K.. Plus généralement, "l'est de l'Allemagne reste le centre de gravité" de ce type de musique.
Ces disques, conservés dans de grandes malles métalliques, atterrissent chez lui presque par hasard. "La plus grande partie des CD proviennent de saisies à la suite de plaintes pour des nuisances sonores entre voisins", précise-t-il.
Mais, comme dans l'industrie du disque traditionnelle "les CD sont aujourd'hui plutôt une exception, la musique est téléchargée à partir de sites de partages".
Son objectif est simple: "limiter la diffusion des morceaux, car on réduit ainsi les rentrées financières nécessaires pour en produire d'autres", explique le policier.
Le nombre de chansons signalées a cependant tendance à décroître, les groupes adaptant leurs textes au fur et à mesure des décisions de justice.
"Aujourd'hui, ils vont chanter +ils sont notre malheur+ plutôt que +les Juifs sont notre malheur+. Tout le monde sait bien de qui ils parlent, mais ils cherchent la voie étroite entre ce qui est légal et ce qui ne l'est plus", souligne-t-il.
L'extrême droite a aussi beaucoup évolué musicalement. "Aujourd'hui, il y a vraiment tous les styles de musique, hip hop, techno, dark wave, neo-folk... Le milieu d'extrême droite a compris qu'il pouvait atteindre davantage de jeunes s'il s'ouvrait à ces styles musicaux", relève Bjorn K.
L'expérience joue un rôle important, souligne le policier, qui assure pouvoir reconnaître la plupart des groupes, et donc avoir une idée du contenu du disque, "dès les premiers accords".
Bjorn K. a commencé en 2001 pour assurer l'interim avant la nomination d'un titulaire... qui n'est jamais venue. "Les candidats ne se bousculent pas", constate-t-il.
Et bien que les styles de musique soient plus variés, "ce n'est pas un travail que l'on fait jusqu'à la retraite".
source : le point
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21:51 Publié dans article | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique








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